Une cuisson se déroule en plusieurs phases qui ont chacune leur utilité et leur particularité.

Le séchage:​ Cette phase s’applique surtout aux cuissons de dégourdi (ou biscuit). Toutes les pièces introduites crues dans le four contiennent toujours un certain pourcentage d’humidité même si les pièces paraissent complètement sèches. Cela est d’ailleurs surtout vrai pour les pièces dont les parois sont épaisses, bien sèches à l’extérieur, mais pas à l’intérieur ; mais cela est aussi très vrai pour les pièces déjà cuites, biscuité, et sur lesquelles on vient d’appliquer une glaçure. Cette eau «physique» doit être absolument et complètement éliminée avant toute montée en température au-delà de 200/300°. Dans le cas contraire, les grosses pièces vont exploser en mille morceaux sous la pression de la vapeur d’eau. Donc, pendant cette phase de séchage, on recommande d’être particulièrement prudent et de n’allumer que un seul brûleur ou/et de le mettre au minimum de pression ou bien d’utiliser une veilleuse (si les brûleurs en sont équipés). En principe, on voit apparaître de la condensation sous forme de gouttelettes d’eau, bien visibles à proximité de l’ouverture du four. De plus, si l’on place précautionneusement la paume de la main en face du regard, on sent que les gaz qui s’échappent sont humides. Cette séance de séchage doit durer un certain temps qui peut être très variable (de 1 à 3 heures) selon le degré d’humidité des pièces que vous avez introduit dans le four. On peut considérer que le séchage est terminé lorsque aucune sensation d’humidité n’est plus perceptible si l’on place la main au regard. A partir de ce moment, comptez encore une demi-heure de marge de sécurité.

 
Buste en terre chamottée après cuisson Raku
Le préchauffage:​ Cette phase consiste maintenant à amener les pièces de 200° jusqu’à 573° à une vitesse raisonnable. En effet, la température de 570 à 600° est relativement critique car c’est la température du point Quartz à laquelle les pièces subissent une certaine dilatation. Si cette dilatation est trop brusque, elle peut provoquer quelques fissures ou cassures dans certaines pièces. Mais le pyromètre peut très bien indiquer 600° et les pièces n’être encore qu’à 500 ou 550°. Donc, jusqu’à 650° au pyromètre plus ou moins 600° pour les pièces, la montée doit être raisonnable. Deux à 3 heures seront nécessaire.

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La cuisson:
Après 650° au pyromètre, le point quartz passé, les pièces ne risquent plus rien… C’est le moment de mettre toute la pression compatible avec le taux de montée que l’on aura choisi. On peut aller à fond​ Palier en fin de cuisson ou pas ?​ En cas d’une montée en température rapide, il peut être nécessaire de faire un palier en fin de cuisson pour permettre la maturation homogène de la glaçure et l’homogénité de la température. Par contre, avec un taux de montée relativement lent, la maturation de la glaçure se fait progressivement tout au long de la phase de montée en température et il n’est pas nécessaire de faire un palier. La température est la même dans tout le four. Dans les deux cas, le résultat est souvent similaire.

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