Déroulement d’une cuisson de Raku :


Les premières pièces sont enfournées et le four est allumé.
Toutes les autres pièces sont mises à préchauffer au-dessus ou le plus près possible d'une source de chaleur pour évaporer toute l’eau de l’émail contenu dans le tesson; on peut aussi émailler la veille de la cuisson afin de laisser les pièces sécher.
Dès que le four ne produit plus d’humidité, on peut pousser les brûleurs « à fond la caisse... » jusqu’à ce que la couleur soit rouge/orangée. (environ 900°).
Le réglage du four pendant toute la montée en température doit se faire aussi proche que possible du neutre (qui est l’allure la plus économique) mais plutôt en oxydation qu’en réduction. Cela signifie qu’en aucun cas il ne doit y avoir de flamme au registre de sortie ou au regard si le four en est équipé.
La cuisson en réduction est réservée à certains émaux ( pour obtenir des rouge ou lustres de cuivre ) dont la composition est particulière et bien précise, certains oxydes ne la supportant pas. Lorsque on est proche de la couleur rouge/orangée, il faut regardez les pièces de temps en temps par le registre de sortie ou en ouvrant légèrement la porte du four.
Attention aux cheveux, aux sourcils et aux yeux… à cause des retours de flammes. Tant que la glaçure posée sur les pièces n’apparaît pas brillante comme recouverte d’eau ou d’huile, la glaçure n’est pas mure, il faut la laisser encore.
Certaines glacures contenant des carbonates peuvent bouillonner, il faut attendre que la glacure se nappe complétement.​ Dès que les pièces brillent, ça y est, on peut les sortir.
Ouvrir le four !
On prend les pinces Raku, on s’assure qu’il ne reste personne entre le four et les récipients on sort la première pièce qui est accessible en la tenant fermement « là où l’on peut ! ».​
Normalement on à prévu à l’enfournement l’ordre de sortie des pièces et la façon de les retirer avec les pinces.​ ​ Là aussi, attention une pièce à 950° peut brûler gravement si elle venait à se frotter à un bras ou une jambe; il faut définir la zone interdite à tous ceux qui ne tiennent pas les pinces.
Dès que la pièce est sortie du four elle va commencer à s’oxyder…

Nous avons maintenant le choix entre deux solutions...

a - réduction avec enfumage maximum
On place la pièce immédiatement dans de la sciure, copeaux de bois ou résidus d‘herbe sèche et on la recouvre immédiatement (totalement ou partiellement).​ Dans ce cas, on obtient les conditions de la Réduction par privation d’oxygène assortie de l’enfumage maximum et certains oxydes métalliques (cuivre, argent…) contenus dans la glaçure alcaline peuvent vous donner certains lustres nacrés du plus bel effet, mais le résultat n’est jamais garanti à 100 pour cent.
Lorsque l’on juge que la réduction ou l’enfumage sont satisfaisants, on retire la pièce de la sciure, copeaux etc… et on la plonge immédiatement et rapidement dans un récipient métallique plein d’eau froide, ce qui aura pour effet de refroidir suffisamment la pièce et d’éviter ainsi la réoxydation de la pièce.
C’est en général à ce moment là que l’on a de la casse, en particulier avec les pièces qui ont des parties soudées. Il faut aussi éviter de plonger dans l’eau, les pièces fermées ou avec un petit goulot, l’eau se mettant à bouillonner et il y a des risques de brûlures avec les projections de vapeur.
Pour éviter cette casse, on peut, au lieu du baquet d’eau froide, placer la pièce dans de l’ herbe ou de la vieille sciure mouillée et la noyer complètement dans ce mélange.
 
 b - oxydation suivi d’enfumage
Si l’on attend «un certain temps» (quelques secondes ) avec la pièce en plein air au bout des pinces on entend alors le click, click caractéristique de l’émail qui craquelle puis, sans attendre qu’elle soit trop froide, on la plonge dans la sciure, copeaux, etc… afin que l’enfumage puisse se produire.
Dans ce cas, la glaçure va s’oxyder immédiatement et n’aura pas le temps de se réduire. On obtiendra les conditions de l’oxydation suivie de l’enfumage. Lorsque la pièce est suffisamment enfumée, on peut la plonger dans l’eau froide comme précédement ou la laissez dans la gamelle refroidir doucement.
Nettoyage des pièces :
Une fois les pièces sorties du baquet d’eau, il faut nettoyer à l’aide de «scotch brite»ou similaire, les parties de glaçures qui seraient trop noircies, mais attention, la pellicule de lustre obtenu par réduction est extrêmement fine et pourrait disparaître si vous frottez trop fort…
Dès que toutes les pièces de la première fournée ont été sorties et que les pinces sont libres, il ne reste plus qu’à recommencer le processus…et à remettre d’autres pièces (aussi sèches que possible) directement dans le four encore chaud. « Prévoir à ce moment l’ordre de sortie des pièces et la façon de les retirer avec les pinces.​ Maintenant, il faut attendre que cette deuxième fournée atteigne la température nécessaire à l’émail . Selon la puissance du brûleur, cela peut prendre 1/2 à 1 heure ou davantage.