Comme on peut le constater, la plupart des glaçures pour le Raku contiennent des frittes (avec 2 "t")
Contrairement aux pommes de terres frites.
Mais alors, qu’est-ce qu’une fritte ? … et tout d'abord, pourquoi les utilise-t-on ?

Qu’est-ce qu’une fritte…?
Une fritte est une préparation contenant les produits solubles (alcalis) ou toxiques(plomb, baryum, bore …) dont l’emploi est indispensable pour faire baisser la température de fusion, mais dont le "frittage" industriel permet de neutraliser partiellement leur toxicité ou de les rendre insolubles.
Le frittage consiste à mélanger ces produits avec de la silice et de l’alumine puis à faire fondre ce mélange dans un creuset à haute température jusqu’à obtenir un verre totalement inerte et insoluble. Ce verre est ensuite broyé et pulvérisé en une fine poudre blanche qui peut être utilisée avec une "relative" sécurité.
En effet, toutes les frittes contenant des produits hautement toxiques tels que le plomb ou le baryum ne sont pas recommandés pour un usage culinaire car à long terme, certains produits acides tels que le vinaigre par exemple pourraient arriver à dégrader la glaçure et "mettre à nu" les produits toxiques si l'on n'a pas formé un bi-silicate stable. ( 2 molécules de silice pour 1 molécule de plomb. )

 Pourquoi utilise-t-on une fritte …?
Dans le cas du Raku (tout comme la faïence d’ailleurs), les mélanges de feldspath/craie/magnésium ne suffisent pas pour obtenir la « basse » température de fusion(950/1000°) nécessaire à la cuisson de Raku. On est donc obligé de faire appel massivement soit à des produits tels que l'oxyde de plomb, baryum etc…) qui peuvent être hautement toxiques, soit aux « alcalis » (Oxyde de sodium, de potassium, de lithium, bore etc) qui ont l’inconvénient d’être solubles dans l’eau .
Pour ceux qui sont toxiques, il n‘est naturellement pas question de les utiliser tels quels, et pour ceux qui sont solubles dans l’eau, ils ne conviennent absolument pas; l'oxyde soluble dans l'eau rentrant dans le tesson lors de l'émaillage .
 
Les ‘Colorants’
Si on le souhaite, on peut rajouter dans la glaçure de base des colorants industriels ou des oxydes métalliques qui pourront donner des effets plus ou moins … réussis…​ Le résultat sera différent de celui donné par l’engobe colorée car dans ce cas, la glaçure sera colorée dans la masse et la couleur sera indépendante de l’épaisseur, mais néanmoins influencé par celle-ci et par la couleur du tesson.​ Compte tenu de la température "relativement" élevée à laquelle sont soumises les glaçures Raku, l’obtention des couleurs ne peut pas se faire avec des colorants organiques ou chimiques tels que laques, peintures, teintures etc… qui seraient détruits au-delà de 300/500°.
Les seuls produits susceptibles de produire des glaçures colorées tout en étant capables de supporter la chaleur intense des cuissons sont les oxydes métalliques.​ Pour avoir une idée des couleurs que l’on peut obtenir, voici quelques pourcentages d’oxydes.
Ces essais ne sont pas limités … Il existe des centaines d'autres combinaisons.
 
Oxydes colorants à rajouter dans les glaçures
Pour commencer, et « faire simple », voici ci-dessous quelques solutions pour obtenir un certain nombre de couleurs franches en ajoutant quelques oxydes dans des bases de blanc quelconques. Comme par exemple le F 121 de chez L'Hospied.
- l' oxyde d’ Antimoine donnera du jaune
- 1 à 4% d’oxyde de fer donnera une couleur ambrée
- 1 à 3% d’oxyde de cuivre en oxydation donnera un bleu turquoise mais pourra donner un "lustre" ou un rouge en "réduction" très forte.
- l’oxyde de cobalt (entre 0,1 et 0,5 %) donnera du bleu franc.
- l’oxyde de chrome (entre 0,2 et 1 %) donnera du vert franc.
- l’oxyde de manganèse (entre 1 et 2 %) donnera du gris violacé.
- l’oxyde de nickel (entre 0,5 et 2 %) donnera du vert + ou - jaune.
- le bichromate de potassium (entre 3 et 6 %) donnera du rose.